GRP Ultra Tour

L’Ultra Tour du Grand Raid des Pyrénées (220km / 13.000m D+) se déroule du jeudi 24 au dimanche 27 août 2017 au départ de Vielle-Aure à côté de Saint-Lary-Soulan. La même semaine il y a quatre autres épreuves : un 40km, un 80km, un 120km ainsi qu’un challenge en 5 étapes. J’ai toujours eu très envie de venir courir sur le GRP (surtout depuis ma HRP). En 2016, j’avais dû annuler ma participation pour aller aux USA. Les organisateurs avaient été sympas. Ils m’avaient remboursé et invité à revenir l’année suivante. C’est ce que j’ai fait. Comme il s’agit de la 10ème édition, le 160km est transformé en 220km. Cool 🙂

Préparation

En juillet, je suis parti dans les Écrins pour m’entraîner à la course en montagne (plus de 160km et 10.000D+ sur une semaine). Début août, j’ai alterné des parcours de la station de trail, des montées de marche et des séances de fractionné. J’étais en pleine forme, très entraîné et un peu trop confiant. Grosse erreur ! 12 jours avant la course je fais trois tours des 25 bosses puis 2 jours après j’enchaîne les 5 premiers parcours de la station de trail. Résultat, j’ai besoin de récupérer. Ce que je ne fais pas. Les jours qui précèdent le GRP, je fais de la rando et 3h de canoé-kayak. Je le payerai plus tard…

La course

Le départ a lieu à Vielle-Aure jeudi à 6h00 du matin. Je marche depuis notre hôtel de Saint-Lary avec ma racer crew. Sur la ligne de départ je retrouve Thomas et Philippe de Kikourou puis Franck que j’avais rencontré sur l’écotrail et qui a terminé plusieurs Leadville 100. Les 551 coureurs s’élancent sur un parcours à réaliser en moins de 72h. Pris dans l’ambiance, j’ai oublié de déclencher mon GPS. Je ralentis et perds de vue Franck. Je retrouve Thomas avec qui je discute un petit peu. Je trottine tranquillement, pas vraiment réveillé. Je trouve la montée assez raide. Je suis essoufflé et ralenti pour atteindre le Col Poctet. Nous descendons ensuite vers le premier ravitaillement.

CP1 Restaurant Merlans (km 16) – 138ème position

Je passe au premier ravito à 8h30 (2h30 de course). Je bois un coca, rempli mes flasques et repars. Je suis allé beaucoup trop vite sur cette première partie. On rentre ensuite dans le massif du Néouvielle. Je manque de motivation et me sens fatigué. Heureusement les paysages sont magnifiques. Je prends des photos et me concentre sur la beauté de la montagne. Je passe devant le lac et le refuge Bastan tout en saluant des randonneurs. Cette partie se passe bien car le parcours est vraiment agréable et pas monotone. Les montées s’enchaînent bien. Je descends ensuite vers le lac Campana de Cloutou et m’arrête au refuge pour remplir d’eau mes flasques en y ajoutant un peu de boisson énergétique. J’ai décidé de ralentir le rythme. Beaucoup de coureurs me doublent.

On arrive ensuite au lac de Gréziolles. Au Pont Barassé, je suis rattrapé par Thomas. On avance ensemble jusqu’à la Mongie. Ça fait du bien de discuter. Il connaît le coin et a sérieusement préparé l’épreuve avec des rythmes à suivre. Il faudrait à l’avenir que je me penche un peu plus sur cette aspect de la préparation. Là c’est vraiment freestyle 🙂 Après une dernière montée pour éviter des travaux, on arrive au ravito.

CP2 La Mongie (km 32) – 212ème position

Je croise le fils de Franck puis sa team qui l’attendent. Il est 12h00 (6h00 de course). Le nombre de spectateurs est impressionnant. Je bois du coca, mange un bout de banane et grignote un Tuc, remplis mes flasques et m’apprête à repartir pour rattraper Thomas. En partant, je croise la team de Franck. Il vient d’arriver au ravito. Je fais demi-tour pour l’encourager puis entame une faible descente jusqu’à un ruisseau d’où l’on aperçoit le Pic du midi. La photo s’impose.

La montée en plein soleil est extrêmement dure. De nombreux coureurs sont assis sur des rochers pour faire une pause. Je réalise qu’un litre d’eau ça va être juste ! Certains, épuisés, s’allongent en plein soleil… Je me motive pour avancer et ne pas m’arrêter. Traîner ici est dangereux. Je frôle le coup de chaleur.

Je finis par arriver au Col du Sencours et rentre dans le bâtiment où le ravito est installé au frais. Je bois beaucoup pour récupérer. La montée au pic se fait par une piste en aller-retour. J’encourage ceux qui descendent.

CP3 Pic du Midi (km 42) – 226ème position

Je passe au Pic du Midi de Bigorre à 15h18 (9h18 de course). La vue est impressionnante ! Je retrouve ma racer crew montée en téléphérique pour m’encourager. Ça fait du bien de lui parler. Ça me fait aussi plaisir de voir Franck qui après avoir dormi est à nouveau d’attaque. A tel point que je ne pourrai pas le suivre dans la descente.

CP4 Col du Sencours (km 46) – 265ème position

Je repasse au col à 16h19 (10h19 de course). Je fais une pause pour remplir mes flasques et bien boire. Je réalise que je suis bien entamé et qu’il va falloir que je m’accroche pour terminer… La route est encore bien longue !

Je grimpe au col de la Bonida puis au col d’Aoube. En contournant le lac bleu, je rattrape Franck. Nous passons le col de Bareille et descendons vers le lac d’Ourrec. J’avance sans grande motivation, je ne suis pas vraiment dans la course à ce moment là. En haut de la hourquette d’Ouscouaou, une bénévole et un gendarme annoncent la mise en place d’un parcours de repli en raison de grands vents sur les crêtes au niveau de Gavarnie. Sur le moment, blasé, je ne suis même pas déçu.

CP5 Hautacam (km 65) – 263ème position

Nous arrivons à Hautacam à 20h52 (14h52 de course). Toute la team de Franck est là. Après une pause où j’avale un peu de banane et de Tuc et la routine de remplissage des flasques, nous repartons en maintenant un bon rythme.

La première base vie de Pierrefitte qui s’annonce est une bonne source de motivation. Nous progressons rapidement en discutant. Le temps s’écoule plus vite. Juste avant la base vie, il faut gravir une dernière montée bien raide dans la forêt.

CP6 Pierrefitte – 1ère base vie (km 77) – 244ème position

J’entre dans la base vie à 23h03 (17h03 de course). Je récupère mon sac et change de t-shirt et de chaussettes. Je place dans mon sac des gommes Clif une Pom’pote et une Mulebar. Plusieurs coureurs abandonnent, dont certains que je connais de réputation : ça fait bizarre de savoir qu’avec de tels palmarès ils arrêtent… Pour ma part, il est hors de question d’arrêter. Je ne suis pas motivé mais je sais que j’irai au bout. Je mange un plat de pâtes. Il n’y a pas vraiment de possibilité de dormir alors je décide de repartir. Je sors de Pierrefitte à 23h56 (17h56 de course). La montée de nuit et dans le brouillard est dure. Surtout que la température ne descend pas beaucoup. Je croise trois coureurs les uns après les autres. Ils redescendent pour abandonner. Quelle ambiance !!! Avant de quitter la piste pour grimper un sentier plus raide, je m’assois par terre pour me reposer. Un coureur arrive, je lui indique où aller mais il décide de s’allonger à même le sol pour dormir. Je ne me rappelle plus grand chose sur cette nuit : le brouillard, des vaches sur le chemin, des montées, des descentes, peu de coureurs…

CP7 Estaing (km 95) – 189ème position

Je finis par arriver au gîte d’Estaing vendredi à 4h25 (22h25 de course). Des bénévoles me déplient un lit de camp sur lequel je vais me reposer une trentaine de minutes. Je repars pour grimper au Col d’Ilhéou et descendre ensuite vers le refuge du même nom.

CP8 Refuge d’Ilhéou (km 107) – 195ème position

J’arrive au refuge à 9h27 (27h27 de course), profite d’une chaise pour me reposer, recharge mes flasques et repars en direction de la deuxième base vie. J’essaye de maintenir un bon rythme dans la descente.

CP9 Cauterets (km 116) – 2ème base vie- 208ème position

J’arrive à Cauterets à 11h16 (29h16 de course). La base vie est installée dans le casino : sympa le décor ! Je vais voir un podologue pour soigner une ampoule puis change de t-shirt et de chaussettes. Dans les sanitaires, face au miroir, je réalise que j’ai pris des coups de soleil. J’ai bien fait de prendre de la crème solaire dans mon sac d’allègement. Je mange un plat de pâtes et m’allonge un petit peu.

Je quitte Cauterets à 12h21 (30h21 de course). La team de Franck m’annonce qu’il n’est pas loin devant.

Le parcours a été raccourci. On ne passe plus par Gavarnie mais par le Col de Riou (une économie de 35km et 1600D+). La montée au col est quand même bien laborieuse. Dans la descente je rattrape une coureuse et un jeune finisher de la Diagonale des fous. On discute, on discute et le temps passe plus vite. Sauf que l’on ne descend pas tout de suite sur Luz. Nous devons remonter sur une petite boucle et je ne peux plus suivre le rythme. Je fais une petite pause sur un rocher. Je rationne mon eau, je n’en ai presque plus. Je me rafraichis avec des framboises ramassées en chemin. Je passe près d’une maison. Les parents sont dehors et encouragent les coureurs. Leur jeune fils court un petit peu à mes côtés en m’invitant à me rafraichir dans le ruisseau que nous longeons : sympa ! Je finis par arriver à Luz. La team de Franck est là, lui vient de repartir. C’est chouette de les voir !

CP14 Luz Saint Sauveur (km 138) – 3ème base vie- 221ème position

J’entre dans la troisième base vie à 19h01 (37h01 de course). Je mange un plat de pâtes, change une dernière fois de chaussettes et de t-shirt, récupère des gommes, de la boisson énergétique, une Pom’pote et une Mulebar. Je dors 45 minutes sur un lit de camp. C’est ma première sieste depuis le début de la course. Je prends mon temps et suis bien plus en forme pour repartir après cette grande pause. C’est bon pour le moral de se dire que c’est la dernière partie. Je sors de Luz à 21h42 (39h42 de course) en 240ème position. Je suis rattrapé par un jeune coureur militaire de carrière avec qui je discute rando. Je finis par le laisser partir devant. Les premiers coureurs du 120km me rattrapent : ils ont l’air en forme.

CP15 Barèges (km 146) – 236ème position

Après une belle montée, je passe à Barèges à 23h55 (41h55 de course). Les piles de ma frontales sont épuisées. C’est étrange je pensais les avoir remplacées à la base vie. Heureusement, j’ai une lampe de secours. Je fais le plein de mes flasques et repars tranquillement. Des coureurs s’arrêtent sur le bord du chemin pour dormir. Je finis par faire comme eux. Je mets mon réveil pour dormir 15 minutes, enfile ma polaire et m’enveloppe dans ma Gore-Tex allongé sur l’herbe. Je repars pour une grande ascension. Ma lampe e+lite montre ses limites. Je ne vois pas grand chose et me perds un peu dans les pierriers.

CP16 Refuge de la Glère (km 154) – 255ème position

J’arrive au refuge de la Glère samedi à 3h44 du matin (45h44 de course). Je fais une deuxième sieste de 45 minutes : avec un vrai oreiller ! Je bois une soupe à côté des Lapins Runners et en profite pour les remercier pour leur site qui m’a aidé à choisir le marathon de Cheverny. Je monte ensuite à la hourquette de Mounicot puis à la hourquette d’Aubert après avoir fait une nouvelle micro-sieste de 15 minutes. Le « parcours » rappelle l’échappée belle dans le massif de Belledonne : une succession de traversées de pierriers. Arrivé en haut, la vue est sublime.

Je cours jusqu’au parking Aubert. Je me force pour courir sur ces kilomètres de route pour atteindre le plus rapidement le parking Orédon.

CP17 Parking Orédon (km 166)

Je passe au ravito à 10h00 (52h00 de course). Je fais le plein de mes flaques en discutant avec un pompier mais ne m’attarde pas. Je monte tranquillement au col Estoudou et rattrape un coureur avec qui je vais rester un bout de temps à parler du Tor des géants. Nous contournons le lac de l’Oule puis montons au dernier ravitaillement.

CP18 Restaurant Merlans (km 172) – 261ème position

J’arrive à 12h25 (54h35 de course) au restaurant Merlans. Des coureurs arrivent très rapidement par un autre chemin. Différentes courses se rejoignent ici : le 40km, le challenge et le 120km. Je rentre dans l’espace dédié aux coureurs de l’Ultra-Tour pour recharger mes gourdes. Je suis euphorique et me lance le défi de doubler le plus possible de coureurs des autres courses (il est bien tard pour se réveiller, dommage !). Sur le premier kilomètre de montée, je trottine assez rapidement et ne me fais pas doubler. J’envoie un message à ma racer crew qui souhaite savoir quand je vais arriver : « je descends pleine balle sur Vielle-Aure ». Le fait de retrouver du monde m’enthousiasme, j’accélère le plus possible. Étrangement je suis bien physiquement, sans douleur particulière. Certains spectateurs reconnaissent les dossards rouges de l’ultra. Leurs encouragements font plaisir ! Arrivé dans un village, je m’immerge complètement la tête dans une fontaine : je décompense. Qu’est ce que je m’amuse, je cours le plus vite possible sans me retenir, j’adore ça !

Je cours le dernier kilomètre au côté de ma copine, heureux !

J’arrive (enfin !) à Vielle-Aure après 186km et 11.178m de D+ à 14h31 (56h31 de course). Je suis 246ème sur 299 finishers. Je croise Philippe qui a terminé 14ème, hallucinant ! Le tattoo topo de trail a tenu bon, moi aussi 🙂 Quelle aventure !

Bilan

Cette course est pour moi un rappel très clair de la nécessité d’arriver frais sur un ultra pour ne pas subir. Je suis content de mon choix de partir le plus léger possible. Je n’ai jamais couru avec plus d’un litre d’eau, c’était parfois un peu juste. Les lunettes de soleil auraient été appréciables. Il m’a fallu plus d’un mois pour récupérer après cette course pour laquelle j’ai puisé au plus profond de mes réserves. Mais l’expérience mérite ces efforts. L’accueil des bénévoles et l’ambiance sur le GRP sont impressionnants 🙂

Équipement

Chaussures Altra Lone Peak Neoshell, chaussettes Injinji trail, short Altra, t-shirt sans manche Altra, sac Ultimate Direction AK Mountain Vest 3.0, 3 flasques  (eau + poudre énergétique), casquette Altra, 5 barres de gommes Clif, 1 Pom’Pote, 1 MuleBar, 2 petits sacs de congélation avec de la poudre BioDrink Punch Power, Iphone SE, Garmin Foretrex 401, soft cup Salomon, lampe frontale Petzl Reactik + avec piles de rechange, lampe frontale Petzl e+lite avec piles de rechanges, polaire Patagonia R1, veste Patagonia Super Cell, pantalon Vertical shelter, sur-moufles The North Face, couverture de survie, sifflet, bande adhésive élastique, paquet de mouchoirs.

Ma course sur Strava

Le site de la course