40 min de gagnées sur l’Écotrail

L’Écotrail de Paris (80km / 1500m D+) se déroule le samedi 18 mars 2017 au départ de l’Ile de Loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines et se termine au 1er étage de la tour Eiffel.

C’est un bon trail pour se tester en début de saison à proximité de Paris. Je l’ai terminé en 2011 (10h06:52) et 2016 (9h17:28). C’est ma première course depuis mon retour en France et mon expérience du trail US : je compte bien exploser mon record sur l’épreuve en mettant à profit ce que j’ai appris là-bas !

Préparation

J’ai repris progressivement la course fin janvier après une pause hivernale. Au mois de février, je me suis entraîné chaque semaine à raison d’une séance d’1h de montées/descentes d’escaliers, d’une séance d’1h dont 30 minutes de fractionné 30/30, d’un aller-retour au travail en vélo (40km) et d’une sortie longue (le parcours n° 5 de la station de trail le plus souvent et 2 tours de 25 bosses la semaine qui précède la course). Je pense être bien affûté…

Mais trois jours avant le départ, je me donne un coup très violent juste au dessus du genou. La douleur me terrasse. Les deux jours qui suivent, je marche en boitant de façon prononcée. Je sens un gros hématome intramusculaire et pense ne pas pouvoir courir. Je me masse 4 fois par jour avec un gel à l’arnica et multiplie les étirements. Je vais quand même chercher mon dossard bien décidé à prendre le départ. Sur le salon, j’en profite pour tester le Life+ SportDevice en me disant que dans le meilleur des cas ça pourrait m’aider à récupérer plus vite. La veille de la course à l’appartement on découvre les « Chariots de feu » en DVD et le matin je me douche en écoutant la BO de « Pirates des Caraïbes ». Je sens que ça va mieux et j’ai le moral au beau fixe. Je réalise pleinement la chance que c’est de prendre le départ d’une course. Cet incident m’a fait beaucoup réfléchir.

La course

Avec ma super race crew, nous arrivons en retard sur la base de loisirs en voiture vers 12h00. Au moins comme ça je n’aurai pas à attendre le départ dans le froid. Par contre, je loupe la photo de groupe Kikourou ! Rien que marcher depuis le parking vers le départ me fait mal à la cuisse. Nous avons convenu que ma race crew puisse venir me chercher à Buc si j’abandonne (mais dans ma tête, je compte finir coûte que coûte, je me dis qu’il faut voir ce trail comme une fin de Tor des géants). Je pars en débardeur avec le moins de poids possible. Même si je connais très bien le parcours et plutôt en prévision de mes trails à venir, je vais tester un tattoo Topo de Trail avec les indications des distances, du dénivelé et des ravitaillements et barrières horaires.

Le départ est donné à 12h15. J’essaye de partir en avant du peloton pour ne pas être pris dans les ralentissements. Avec l’excitation du départ, j’oublie un peu ma cuisse. Après avoir doublé les joëlettes et leurs coureurs-porteurs qui m’impressionnent toujours beaucoup, un traileur me fait une remarque sur ma casquette du Colorado. C’est Franck qui me parlera de la Leadville 100 Run qu’il a couru plus de 7 fois dont la dernière en moins de 25h !!! L’évocation des courses US me fait du bien tout comme le récit de ses engagements caritatifs. On découvre qu’on va courir tous les deux le GRP 220 cette année. Courir avec lui en début de course me donne beaucoup d’énergie positive. Après avoir longé l’étang, j’arrive sur Saint-Quentin en Yvelines que je traverse rapidement. Je me sens très en forme. Pour la première fois, j’ai dormi sereinement avant la course. Je me focalise sur toutes ces sensations pour oublier la douleur. Je sais que j’avance vite (peut-être trop) mais j’ai décidé de vivre cette épreuve pleinement. Je reconnais un traileur devant moi avec son maillot de la société générale, c’est Cédric. On discute un peu : son objectif est d’être en dessous de 8h. Je sais qu’il est beaucoup plus rapide que moi mais ça me fait plaisir de rester à son niveau quelques temps. On passe ensemble devant les premiers photographes : je lui dis que c’est bien la seule occasion pour que l’on soit sur la même photo !

Je laisse Cédric partir devant et souris de voir 3 ou 4 coureurs de son club qui cherchent à le rattraper : ils sont bons à la société géniale ! Et dire que j’ai failli y travailler… La douleur n’est pas trop importante. Je suis surtout gêné dans les descentes dans lesquelles je suis obligé de ralentir grandement.

Ravitaillement 1 Buc 22km

J’arrive à Buc en 1h47. Je remplis mes deux gourdes vides avec un peu de poudre Biodrink juste avant le ravitaillement. Je m’arrête, mange un Tuc et bois une cup d’Ice Tea (il n’y a que du Pepsi Max : pour un addict du coca sucré comme moi c’est la déception 🙂 ). Je remplis mes deux gourdes et salue Franck qui vient de sortir du ravitaillement.

Le tronçon suivant est beaucoup moins plat. Ma cuisse me contraint à ralentir le rythme. J’ai aussi un petit coup de fatigue avec les premières montées. Je continue d’avancer en me disant que psychologiquement c’est une partie où il faut s’accrocher. Je pense à des choses positives et essaye de garder un bon rythme. On passe au dessus de la n118. C’est très avantageux de connaître le parcours. Je sais qu’il me reste quelques montées et descentes. Je les négocie tranquillement.

Ravitaillement 2 Meudon 45km

J’arrive au ravitaillement après 4h21 de course. Je m’émerveille devant la beauté des jardins et des bâtiments : il faudra revenir là en visite !!! Un jeune me remplit mes deux gourdes avec de l’eau. Je prends 5 minutes pour m’asseoir et me reposer puis repars en direction de l’observatoire. La suite est assez monotone. J’essaye de garder un bon rythme.

Ravitaillement 3 Chaville 55km

Après une grande montée, j’arrive au ravitaillement de Chaville en 5h43 de course. Je remplis mes gourdes, mange deux morceaux de bananes et un Tuc, bois une cup d’Ice Tea et repars après avoir changé de T-shirt pour le Odlo un petit peu plus chaud que le débardeur. Au final, je n’aurai pas eu froid. J’avais prévu d’enfiler la veste Patagonia pour me couper du vent mais cela n’a pas été nécessaire. Juste après la traversée de route, je m’arrête pour saluer Bérénice et goûter une fraise Tagada qui remonte toujours le moral avant les escaliers qui suivent. J’avance tranquillement, je sais que je vais terminer (ce qui n’était pas gagné) et que si je continue comme ça je peux faire moins de 9h17 (l’objectif que j’avais abandonné avant de prendre le départ). Je m’étonne de ne pas voir de ravitaillement à l’entrée du parc de St Cloud : j’ai dû mal comprendre les explications du site. Je cours avec un traileur qui m’annonce courir le marathon en 3h et quelques… ça calme ! Je le laisse filer au bout d’un moment et m’arrête pour mettre le brassard réfléchissant sur mon sac et la lampe de secours Petzl sur ma tête. J’ai essayé d’être le plus léger possible et elle n’éclaire vraiment pas grand chose 🙂

Ravitaillement 4 Saint-Cloud 67km

J’arrive au ravitaillement après 7h18 de course. J’en profite pour faire une photo de la tour Eiffel. Je bois un Ice Tea et une bénévole me remplit mes gourdes à moitié (juste de quoi finir). J’avale un Tuc et repars. Globalement et mise à part ma douleur à la cuisse, je me sens bien. Je vais courir tranquillement sur la dernière partie du parcours à l’exception de la dernière montée vers la route des gardes. Comme ma lampe n’éclaire que très peu, je me perds un peu dans le parc de l’Ile Saint-Germain. Longer les bétonnières est toujours aussi moche ! Je finis par arriver sur l’allée des cygnes.

Je cours seul sans voir d’autres coureurs entre la route des gardes et la tour.

La tour Eiffel est toujours aussi belle ! Avec un coureur on s’amuse de traverser l’unique mare de boue du parcours. Juste avant de passer la sécurité, j’entends crier mon prénom : c’est ma best rest crew qui est venue m’accueillir à l’arrivée ! Trop cool ! Je suis super content d’avoir terminé. Ça me donne de l’énergie pour monter les escaliers en trottinant.

Je passe la ligne d’arrivée après 8h38 de course en 249ème position (sur 1838 finishers c’est pas mal !).

Comme l’année dernière, on profite du repas d’après-course avant d’aller voir les kinés qui me massent, ce qui fait toujours beaucoup de bien pour ne pas marcher comme un cow-boy le lendemain. 🙂

Bilan

J’ai cru que je ne pourrais jamais ou prendre le départ ou terminer cette course. Je suis d’autant plus content d’avoir pu terminer tout en améliorant mon temps sur l’épreuve. Le tattoo Topo de Trail était en parfait état à l’arrivée : je compte bien en emmener un autre dans les Pyrénées cet été ! Je suis content de mon choix de courir en Altra Superior, des chaussures assez minimalistes mais qui tiennent les longues distances.

Équipement

Chaussures Altra Superior 2.0, chaussettes Injinji trail, short Patagonia strider pro 5″, t-shirt sans manche Patagonia, t-shirt thermique à manches courtes Odlo, veste Houdini Patagonia (qui restera dans le sac), sac Salomon slab 12, 3 flasques Hydrapack (eau + poudre ; une restera vide dans le sac), casquette Boco Gear, 5 barres de gommes Clif, 4 petits sacs de congélation avec de la poudre BioDrink Punch Power, Iphone SE, montre TomTom runner 3, soft cup Salomon, pochette à déchets (qui restera dans le sac), carte d’identité, carte bleue, lampe frontale Petzl e+LITE, 2 piles de rechange CR2032, couverture de survie, brassard réfléchissant, paquet de mouchoirs.

Ma course sur Strava

Le site de la course

Merci de partager si vous avez aimé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *